Deal économique RDC-USA : Tout risque de capoter (CENAREF)

0
1003374445

La Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) met en garde contre les risques que les investissements américains tant attendus, dans le cadre de l’accord RDC-USA, ne se concrétisent pas.

Pour cette structure publique de l’État congolais chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, la République démocratique du Congo (RDC) n’a plus que quatre mois pour sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI).

Le secrétaire exécutif de la CENAREF, Adler Kisula Betika, a lancé l’alerte ce mardi 1er juillet, lors d’une conférence de presse au Pullman Grand Hôtel de Kinshasa. À l’en croire, l’inscription de la RDC sur la liste de GAFI fait suite à un constat accablant du GABAC (Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale), qui a relevé, entre 2020 et 2022, l’absence d’avancées significatives dans le dispositif congolais de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

« En octobre 2022, le GAFI a placé la RDC sous surveillance renforcée pour une période de trois ans, avec une échéance fixée à octobre 2025. Un plan d’action ICRG avait été élaboré pour permettre à la RDC de sortir de cette liste. Malheureusement, les progrès restent insuffisants :
-13 actions sur 23 ont été largement traitées (56,5 %)
-8 actions sont partiellement traitées (34,7 %)
-2 actions n’ont pas encore été abordées. Or, le GAFI exige que les 23 actions soient accomplies à 100 %».

Pour Adler Kisula Betika, si la situation n’évolue pas d’ici octobre 2025, les retombées seront lourdes.

« [1]. La RDC, déjà sur la liste grise du GAFI, figure aussi sur la liste noire de l’Union européenne. [2]. Baisse des investissements étrangers en RDC. [3]. Difficultés à lever des fonds sur les marchés financiers internationaux. [4]. Restrictions d’accès aux services bancaires (coûts plus élevés, délais allongés). [5]. Ralentissement de la croissance économique et du développement. »

La CENAREF juge que la seule issue est de finaliser intégralement le plan ICRG pour éviter des sanctions économiques majeures. Sans cela, même les investissements américains promis dans le cadre du deal RDC-USA ne pourraient jamais arriver.

Pour un bref historique, la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) a été créée depuis le 19 juillet 2004 dans un contexte post-conflit, la RDC sortait d’une guerre qui a divisé le pays en 4 morceaux.

D’où après les ententes politiques, il fallait protéger et sécuriser le pays face au blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, qui à l’échelle planétaire étaient considérés comme les pires héritiers du vingtième siècle. D’autant plus que le premier met en péril les systèmes économiques et financiers des États et le second menace la paix et la sécurité internationale. La RDC étant un pays continent avec 9 voisins, ne pouvait pas vivre sans prendre des garde-fous.

Théo Démosthène KALUBI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *