Assemblée nationale : Guy Mafuta rappelle le règlement intérieur dans le débat sur les motions contre Vital Kamerhe et son bureau
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Un débat houleux a marqué la plénière de l’Assemblée nationale autour de la recevabilité des motions visant cinq membres du bureau, dont le président Vital Kamerhe. Alors que plusieurs députés appelaient à ce que la plénière tranche sur l’opportunité de ces initiatives, le député Guy Mafuta Kabongo, élu de Tshikapa, a tenu à recadrer les discussions en s’appuyant sur le règlement intérieur de la Chambre basse.
La plénière n’est pas juge de la recevabilité
Dans son intervention, le président de la Commission économique et financière a rappelé que la recevabilité d’une motion n’est pas du ressort de la plénière, mais du bureau. « Engager un débat en plénière sur cette question reviendrait à contredire le règlement intérieur », a-t-il martelé.
Selon l’article 31 du règlement intérieur, le bureau est tenu de mettre en place une commission spéciale composée des représentants de chaque groupe parlementaire. Cette commission doit examiner le fond des motions et présenter un rapport à la plénière, qui se limitera alors à en prendre acte.
Ce débat intervient dans un climat politique tendu. Depuis plusieurs jours, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, est visé par une fronde d’élus. Plus de 260 signatures auraient déjà été récoltées en faveur de pétitions contestant son leadership et celui de certains membres du bureau.
Les initiateurs de ces démarches accusent Kamerhe de gestion partisane des débats et de manque de transparence dans la conduite des travaux parlementaires. Ses partisans dénoncent, pour leur part, une manœuvre politique orchestrée par ses adversaires au sein même de la majorité.
La sortie de Guy Mafuta apparaît comme un appel au respect des textes afin d’éviter que la plénière ne se transforme en arène politique incontrôlable. Mais elle souligne aussi les fractures internes qui traversent la majorité parlementaire, où certains élus hésitent encore à s’afficher clairement dans un camp.
Ce bras de fer autour des motions contre le bureau Kamerhe constitue donc un test politique majeur : non seulement pour la solidité de la coalition au pouvoir, mais aussi pour la crédibilité de l’Assemblée nationale dans son respect des règles et procédures.
Henri Ntambue