RDC : Vivement la quatrième République ou rien (Tribune)

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La Dynamique des cadres de l’UDPS appelle à une réforme institutionnelle en profondeur. Depuis l’indépendance, la République Démocratique du Congo (RDC) peine à trouver une stabilité politique et institutionnelle durable.

Héritière de constitutions successives marquées par des compromis et des trahisons, la Troisième République, née avec l’espoir d’un renouveau, est désormais jugée « obsolète et désuète » par une frange de cadres de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).

Réunis au sein de la « Dynamique des Cadres de l’UDPS pour la 4ème République », ces responsables estiment que le modèle actuel ne répond plus ni aux besoins de la population, ni aux exigences du développement. Selon eux, l’architecture institutionnelle issue de l’Accord global et inclusif – pensée pour intégrer les belligérants de l’époque – constitue aujourd’hui un frein à l’émancipation du peuple congolais.

UNE VISION POUR UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

La Dynamique se définit comme un courant interne, conjoncturel, regroupant des cadres aux profils divers. Leur ambition : fédérer toutes les forces vives du pays autour de la perspective d’une Quatrième République, construite sur un nouveau contrat social censé traduire les aspirations profondes du peuple congolais.

LES PROPOSITIONS PHARES DE LA 4ème RÉPUBLIQUE

Parmi les réformes mises en avant, plusieurs mesures structurantes ressortent :

-Un régime présidentiel fort, avec un chef de l’État pleinement responsable devant la Nation ;
-Un indice salarial national, garantissant une équité entre toutes les catégories de travailleurs ;
-Le droit au référendum révocatoire, offrant aux citoyens la possibilité de sanctionner à mi-mandat un Président ou une Assemblée défaillants ;
-La création d’une institution citoyenne, baptisée Justice pour tous, chargée de contrôler l’exécution des lois et des jugements ;
-La suppression d’institutions jugées budgétivores (Sénat, CENI, CSAC) considérées comme sources de gaspillage des ressources publiques ;
-La sanction à vie des auteurs de trahison, interdisant définitivement le vote et l’accès aux fonctions publiques à ceux ayant participé à des rébellions armées ;
-La lutte contre le tribalisme, avec la criminalisation de toute apologie régionaliste ;
-Le retour au scrutin présidentiel à deux tours.
-Un contexte politique comme déclencheur

La création de cette Dynamique trouve son catalyseur dans la déchéance de Vital Kamerhe à la chambre basse du Parlement. Pour ses initiateurs, cet épisode illustre les failles du système actuel et justifie l’urgence d’un changement en profondeur.

Ce mouvement entend également tirer les leçons des erreurs passées, notamment la révision controversée de la Constitution sous Joseph Kabila. En 2006, les articles 71 et 149, pourtant déclarés intangibles, avaient été modifiés, suscitant un profond débat sur le respect de l’esprit des textes fondateurs.

PREMIERS PROJETS ET FEUILLE DE ROUTE

Dans l’immédiat, la Dynamique annonce son intention de saisir la Cour constitutionnelle pour une interprétation stricte de l’article 220, qui verrouille certaines dispositions fondamentales de la Loi fondamentale.

À moyen et long terme, elle envisage une réforme consacrant un équilibre salarial entre fonctionnaires, députés et ministres, présentée comme une des pierres angulaires de la future constitution qu’elle appelle de ses vœux.

UN APPEL À L’UNITÉ NATIONALE

« Nous ne voulons plus d’une République de compromis stériles, de clientélisme et de trahisons. Nous voulons une République de justice, d’égalité, d’équité, de dignité et de grandeur ».

En conclusion, ce courant interne à l’UDPS appelle l’ensemble des Congolais à se mobiliser pour dire « OUI » à une Quatrième République, présentée comme une alternative crédible aux blocages institutionnels et politiques de la Troisième République.

Daddy Kangulu Lobo, coordonnateur de la Dynamique des cadres de l’UDPS pour la 4ème République.

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