Il vivait en clandestinité il y a peu, avant que sa famille ne constate sa disparition sans trace. Les jours de Monsieur Ntoni Makuku Harris Pitshou, marié et père de quatre enfants, défenseur des droits humains et responsable administratif et chargé des ressources humaines de la société Produits de construction de Kinshasa (PROCOKI), sont à craindre.
Sa famille qui annonce cette nouvelle à la presse note que depuis un laps de temps, Ntoni Makuku Harris Pitshou était dans les trousses des services de sécurité et de la garde présidentielle pour des raisons non encore élucidées.
En effet, les câbles de votre média en ligne chuchotent que le calvaire de Ntoni Makuku a commencé le 22 décembre 2025 à 12h30 lorsque les éléments de la Garde républicaine (sécurité présidentielle) et du Conseil national de sécurité (CNS) ont investi la concession de la société Produits de construction de Kinshasa (PROCOKI) au motif d’avoir découvert des réunions suspectes tenues dans les locaux de locataires membres du Front commun pour le Congo (FCC), famille politique de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila, contre le régime en place.

En tant que responsable administratif et chargé des ressources humaines, Ntoni Makuku Harris Pitshou gérait également les locataires qui occupent les bureaux, les appartements et les entrepôts de cette société immobilière. Ce qui a justifié son intervention pour prendre langue avec cette équipe de sécurité. Malheureusement, loin de toute civilité, ces éléments de la GR et CNS l’ont roué des coups et lui réservé un traitement dégradant et hunimain tout en le torturant jusqu’à l’enlever sans toutefois suivre ses explications.
« Lors de son enlèvement, le grand frère s’est retrouvé face à une cinquantaine des militaires de la garde républicaine et agents de la CNS, principalement devant leur chef appelé dans leur argot »Tigre Noir ». Ce dernier l’a menacé en des termes cruels: si tu ne donnes pas des bonnes réponses en rapport avec les liens de cette société avec les gens de Kabila qui sont ennemis de la République, ta vie est en danger. », a confié son jeune frère sous le sceau de l’anonymat avant de quitter Kinshasa par crainte de toute représaille de la part de ceux qu’ils considèrent comme bourreaux de son frère.
Tenu au secret puis relâché suite à la détérioration de sa santé, Harris Ntoni avait fini par joindre ses efforts à ceux de ses chefs pour fulminer les correspondances afin que la garde républicaine libère les locaux de la PROCOKI, étant donné que cette société immobilière n’a jamais un contrat avec FCC mais plutôt avec Monsieur Ilunga Katolombwe qui loue dix bureaux d’une superficie de 253.9 m² dans cette concession depuis 2004.

Les correspondances de PROCOKI contresignées par lui, ont valu encore des menaces et des appels anonymes à Harris Ntoni, qui, apprend-on, se serait battu avec sa structure de défense de droits humains CIFDH/D pour quitter le pays.

Dans ce dossier, deux hauts cadres du PPRD (parti de Joseph Kabila) en l’occurrence, Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku sont aux arrêts et les locaux de la société PROCOKI située non loin du saut de Mouton de SOCIMAT à Gombe, sont jusqu’à ce jour occupés par la garde républicaine.

Pour les observateurs, les représailles contre Ntoni Makuku Harris Pitshou sont un exemple concret de l’intolérance politique et de la caporalisation de la scène démocratique où les défenseurs des droits humains sont bastonnés sans aucun respect de la loi par la garde prétorienne et les services de sécurité.
Dossier à suivre
Renard Kadia-Bitala